Thyroïde : la vie qui change.
Vous êtes tellement ( trop) nombreuses ( car majoritairement des femmes) à faire des retours de votre souffrance, de cette vie qui change, du regard des autres également. Un spécialiste québécois a comparé les dysfonctionnements thyroïdiens à une mort à petits feux et il n’a pas tout à fait tort, même si je dirais plutôt une métamorphose, un changement de vie. Parce que hormis dans les dysfonctionnements dits « simples », c’est à dire sans lien avec une maladie auto-immune ou une ablation, rien ne sera jamais plus pareil. Il y aura des moments où on le croit, pour certains cela peut durer, mais en grande majorité, l’état général ( physique et psychologique) reste atteint. Alors le malade apprend à vivre avec, il s’accommode aux humeurs de mademoiselle Thyroïde. Mais souvent ce n’est pas le cas des proches, des collègues et la souffrance est bien là.
Une adhérente nous disait récemment : « Je suis mariée à ma thyroïde sans pouvoir divorcer. »
Vivre avec un dysfonctionnement thyroïdien, c’est changer.
Avant, vous étiez une femme dynamique, toujours partante pour un jogging, une partie de tennis, une ballade de plusieurs heures, des soirées interminables. C’était avant ! Aujourd’hui, vous choisissez avec réflexion vos sorties, préférant des promenades dans la nature ou en bord de mer, à pied ou à vélo. Vous ne vous dispersez plus. Vous allez apprendre à ne plus agir sur un coup de tête, choisissant vos projets de vie.
Avant, vous étiez une pile électrique, enchaînant mille choses à la fois, dormant peu, épuisant presque votre entourage.
Aujourd’hui, vous savourez chaque minute, découvrant un peu par obligation le plaisir d’une sieste d’abord par obligation. Vous ne brassez plus du vent autant en actes qu’en paroles, apprenant à déguster les instants précieux qui jalonnent votre route.
Avant, vous étiez gourmand, vous goinfrant de glaces, de chantilly, et d’aliments bien gras. Aujourd’hui, vous n’avez plus d’autres choix que de supprimer les laitages, de limiter les mets pouvant dérégler votre organisme.
Avant, vous supportiez toutes les critiques, les réflexions malveillantes même si elles étaient injustes.
Aujourd’hui, la maladie a laissé des traces indélébiles. Vous voilà plus sensible, vous autorisant le droit de pleurer devant une scène triste, face à un souvenir qui vous blesse encore, choisissant surtout de vous protéger des personnes négatives, vous éloignant des conflits.
Trop souvent, la découverte de la maladie anéantit, isole le malade, car les autres ne comprennent pas. C’est comme si soudain vous étiez face à une page blanche. Votre mémoire n’est plus fiable, votre reflet dans le miroir n’est plus non plus ce qu’il était.
Votre compagnon ne dit rien, mais vous lisez dans son regard ce que vous n’arrivez pas à dire. Au début, vous verrez de la pitié, puis un zeste d’empathie, mais avec le temps, ce sera simplement de l’indifférence. Parce que la maladie n’intéresse pas sur le long terme.
Dans cette société égocentrique, chacun ne pense qu’à lui.
Alors oui, la vie change avec un dysfonctionnement thyroïdien. C’est un parcours du combattant. Vous vous posez souvent la question : pourquoi moi ? Qu’ai-je fait pour mériter cela ?
Rien ! Soyez-en rassurées. Il n’y a pas de couperet au dessus de vos têtes. Il n’y a non plus de vraies réponses. Souvent, on ne sait même pas que l’on est atteinte d’un dysfonctionnement ou de la maladie Hashimoto, on le découvre par hasard, lors d’un contrôle de routine, d’une hypothyroïdie ou lors d’une simple anémie, souvent elle n’occasionnera aucun symptôme, sera juste là, telle une pieuvre tapie dans l’ombre.
Alors oui, vous avez le droit d’avoir été en colère contre le monde entier. Vous n’avez
pas voulu cette fichue maladie, vous ne l’avez pas choisie, alors vous voulez juste retrouver votre vie d’avant, une vie normale. Vous avez l’impression d’être comme une condamnée à mort prise en otage de l’injection létale.
Un dysfonctionnement endocrinien va tout changer, l’humeur, votre vision des faits, votre analyse, engendrant peurs et angoisses.
L’écoute est donc primordial, le changement des mentalités également.
Regardez, on va couramment chouchouter un salarié dépressif, allégeant parfois son travail, tandis que son collègue atteint d’un dysfonctionnement thyroïdien invisible, dont la fatigue le terrasse parfois dès 15h, on va lui donner double travail. Ce sont des faits avérés ! Est-ce normal ? Non !
Quant à ceux qui se cachent derrière l’idée que ce n’est pas une maladie grave, car on n’en meurt pas, il est bon de dire, on en meurt peu, mais non soignée, cela peut conduire à la mort.
Je pense aux futures générations, dans vingt ans, lorsqu’il n’y aura presque plus de médecins, lorsque notre environnement aura bien bousillé la santé, ne devons-nous pas leur offrir au minimum un héritage où le mot espoir existe ? Où la solidarité existe ? Au moins dans ce domaine, parce que dans les autres, les navires coulent !
Soyons positifs face à la maladie tout en nous tenant tous la main.
La vie change, alors accompagnons ce changement en faisant reconnaître cette maladie !
Ensemble les Papillons 🦋
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